Publié par : Alexandre Moreau — Rédacteur spécialisé en musculation
Le butterfly est un exercice d’écarté sur machine : vous rapprochez les bras devant la poitrine pour solliciter principalement les pectoraux. Aussi appelé pec deck ou écarté machine, il permet de travailler avec un mouvement guidé. Son efficacité repose surtout sur trois éléments : un siège bien réglé, une ouverture confortable et une charge que vous contrôlez jusqu’au retour.
Sommaire
Butterfly, pec deck : reconnaître l’exercice derrière le nom
En salle, les termes butterfly et pec deck désignent souvent le même exercice, mais pas toujours exactement le même appareil. Certaines machines possèdent des coussins contre lesquels placer les avant-bras, coudes pliés à 90°. D’autres proposent des poignées à rapprocher devant soi, avec les bras presque tendus. Le principe reste identique : ramener les bras vers l’avant, plutôt que pousser une charge comme au développé couché.
Testez vos connaissances sur le butterfly
Répondez aux six questions, puis validez pour découvrir votre résultat et les corrections.
Le nom affiché sur la machine ne suffit donc pas à déterminer votre placement. Regardez les appuis, les poignées et les consignes du fabricant. Sur un modèle combinant pectoraux et arrière d’épaules, vérifiez également la configuration : le butterfly se pratique généralement assis, le dos contre le dossier, tandis que l’écarté inversé correspond à un autre mouvement.
| Variante | Position des bras | Repère pratique |
|---|---|---|
| Butterfly avec appuis | Coudes pliés à 90°, avant-bras sur les coussins | Rapprocher les coudes sans hausser les épaules |
| Pec deck à poignées | Bras presque tendus, coudes légèrement fléchis | Conserver le même angle de coude pendant l’écarté |
| Écartés aux haltères | Allongé sur un banc, coudes légèrement fléchis | Stabiliser soi-même la trajectoire et limiter l’ouverture |
Aucune de ces variantes n’est indispensable. La machine apporte de la stabilité ; les haltères demandent davantage de contrôle de la trajectoire. Pour débuter, le bon choix est surtout celui qui permet un mouvement régulier et sans douleur.
Les pectoraux travaillent, mais les épaules participent aussi
Le butterfly cible principalement le grand pectoral, dont une fonction est de rapprocher le bras devant le buste. Les deltoïdes antérieurs, à l’avant des épaules, participent également au mouvement. Il s’agit d’un exercice d’isolation au sens pratique : il concentre l’effort sur les pectoraux, sans les isoler totalement des autres muscles.

Contrairement au développé couché, le coude ne se tend pas activement pour pousser la charge. Les triceps interviennent donc moins directement. Cette différence explique l’intérêt du butterfly en complément d’un développé : vous sollicitez la poitrine par un autre geste, avec moins de contraintes d’équilibre.
La sensation de contraction au centre de la poitrine peut être marquée lorsque les bras se rapprochent. Cela ne signifie pas que l’exercice isole « l’intérieur des pectoraux ». De même, modifier la hauteur des bras peut changer les sensations et la répartition de l’effort, mais ne permet pas de sélectionner précisément une petite zone du muscle.
Avec les bras presque tendus, le bras de levier est différent de celui d’une variante à coudes pliés. La position de l’épaule change également selon les appuis. Ne cherchez pas une variante supposée supérieure au prix d’un inconfort articulaire : votre morphologie et la conception de la machine comptent autant que son nom.
Régler la machine et réaliser une répétition contrôlée
Installer le buste et choisir l’ouverture
Commencez par une charge légère pour tester les réglages. Ajustez la hauteur du siège afin que les bras travaillent approximativement à hauteur d’épaules, ou légèrement en dessous si cela est plus confortable. Sur une machine à poignées, celles-ci doivent se présenter devant la poitrine, sans vous obliger à remonter les épaules.
Posez les pieds au sol, gardez le bassin stable et le dos en contact avec le dossier. Ouvrez naturellement la poitrine, sans exagérer la cambrure. Les épaules restent basses ; inutile de serrer les omoplates de toutes vos forces. Réglez ensuite la position de départ pour ne pas être tiré dans une ouverture excessive.
Pensez aux réglages comme à une échelle de précision : la hauteur du siège constitue le premier échelon, l’ouverture de départ le deuxième, la charge le dernier. Si le premier est incorrect, alléger ne corrigera pas forcément la trajectoire. Modifiez un seul paramètre à la fois, faites quelques répétitions d’essai, puis notez le réglage satisfaisant. Vous pourrez ainsi reproduire votre placement plutôt que le retrouver au hasard à chaque séance.
Fermer les bras, puis accompagner le retour
- Rapprochez les bras en pensant à ramener les coudes devant la poitrine. Avec des poignées, gardez une légère flexion des coudes, sans transformer le geste en poussée.
- Expirez pendant la fermeture, appelée phase concentrique. Arrêtez le rapprochement sans cogner les poignées ni les coussins.
- Rouvrez progressivement en inspirant. Cette phase excentrique correspond au retour : résistez à la charge au lieu de la laisser vous tirer en arrière.
- Repartez sans à-coup, en conservant la même posture et une amplitude confortable.
Évitez de laisser retomber brutalement la pile de poids entre les répétitions. Pour autant, maintenir la tension ne doit jamais vous obliger à raccourcir excessivement le geste ou à perdre le contrôle. Une répétition réussie reste fluide du début à la fin.
Corriger les erreurs avant d’ajouter du poids
Une charge trop lourde se repère souvent sans regarder la pile : le buste décolle du dossier, les épaules montent ou les bras accélèrent brusquement. Si vous devez donner une impulsion pour fermer la machine, réduisez la résistance. Le guidage facilite l’exercice, mais il ne rend pas toutes les amplitudes ni toutes les charges adaptées.
- Vous sentez surtout l’avant des épaules : vérifiez la hauteur du siège, réduisez l’ouverture et essayez plus léger. Ne cherchez pas à forcer la sensation dans les pectoraux.
- Vous pliez davantage les coudes en fermant : stabilisez leur angle pour conserver un écarté plutôt qu’une poussée.
- Vous perdez le contrôle au retour : diminuez la charge et accompagnez l’ouverture sur toute l’amplitude choisie.
- Vous cambrez pour terminer : arrêtez la série dès que la posture ne peut plus être maintenue.
Une fatigue musculaire et une douleur articulaire ne se traitent pas de la même manière. Une douleur vive, un pincement ou une gêne persistante à l’épaule justifient d’arrêter l’exercice. Demandez une vérification du placement à un encadrant ; si la douleur persiste ou revient, consultez un professionnel de santé. Le butterfly ne constitue pas, à lui seul, un exercice de rééducation.
Intégrer le butterfly dans une séance de pectoraux
Le butterfly trouve souvent sa place après les développés, lorsque le travail principal est terminé. Il permet alors de poursuivre la sollicitation des pectoraux sur une trajectoire guidée. Ce placement convient notamment si votre priorité reste la progression au développé couché ou incliné : vous abordez ces mouvements sans fatigue préalable liée aux écartés.
Un repère courant est de réaliser 3 à 4 séries de 10 à 15 répétitions, à adapter au reste de la séance et à votre récupération. Ce n’est pas une obligation de volume : un débutant peut commencer plus modestement. Choisissez une résistance permettant de terminer les répétitions sans élan, avec encore une petite marge avant la dégradation du geste.
Pour progresser, augmentez d’abord les répétitions propres dans la fourchette choisie. Lorsque toutes les séries restent maîtrisées, essayez le plus petit incrément de charge disponible. Notez vos réglages et votre amplitude : soulever davantage en ouvrant deux fois moins ne représente pas la même progression.
Le super-set avec le développé couché peut accentuer la congestion, mais il augmente aussi la fatigue et n’est pas nécessaire pour progresser. Privilégiez d’abord des séries classiques, bien exécutées. La sensation de poitrine gonflée peut être satisfaisante ; la régularité, le contrôle et une progression reproductible restent des repères plus utiles.
Mis à jour le 6 novembre 2026